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Saturday, February 22, 2014

BILAN DE L'OURAGAN DIEUDONNÉ



Il faut se rendre à l'évidence : même sans battage médiatique pavlovien à charge qui fait passer la France pour l'Oceania de Georges Orwell, "l'humoriste franco-camerounais M'Bala M'Bala" fait toujours rire. Pis, les hordes de ses fans, irréductibles néosnazis inversés dégoulinants de haine visqueuse et gammée devant l'éternel, résistent encore et toujours au bon sens comme à la morale en se rendant aux "meetings politiques" nauséabonds de cette créature sortie tout droit de l'enfer.

Plus de 5000 personnes ont donc emmené la bête immonde faire ses besoins au Parc des Expositions d'Avignon, qui compte environ 6000 places. Pendant ce temps, Gad Elmaleh fait tapiner son humour dans une pub pour le Crédit Lyonnais; Jamel Debbouze enchaîne les matchs d'improvisation pour oublier l'échec retentissant son film "La Marche"; Élie Semoun annule ses spectacles faute de public; Michaël Youn fait du Borat bon marché pour essayer de retrouver la flamme d'antan; Patrick Timsit noie son spleen dans le caritatif "géronto-vinicole"; Nicolas Bedos n'assume ni sa grande gueule, ni ses procès; Myriam Leroy joue les gourdes effarouchées à défaut de pouvoir faire rire, alors que Didier Porte, lui, s'est reconverti en laquais de la politique... Une véritable hécatombe.

Bizarrement, les quelques survivants de ce désastre sont pour la plupart des humoristes qui ont soit excercé un certain devoir de réserve lors de la "Croisade Vallsificatrice" (dans la mesure du possible), soit ont plus ou moins ouvertement pris parti pour la cause Dieudonné : Jean-Marie Bigard, l'apprenti quenellier, rassemble encore (1200 spectateurs au Zénith de Rouen cette semaine); Gaspard Proust, le jeune premier, partage certaines cibles avec l'auteur d'Asu Zoa alors que Thomas N'Gijol et Fabrice Eboué préfèrent plagier le maître plutôt que le descendre, non sans un certain talent, il faut bien l'admettre. Mais il ne faut pas se leurrer : l'humour, le vrai, a depuis longtemps déserté le camp du mainstream.

Côté médiatico-politque (les torchons et les serviettes), la situation n'est guère plus brillante : Valls n'en finit pas de compter ses dents; Roger Cukierman s'est senti obligé de tempérer son interprétation de la quenelle; Alain Finkielkraut ne fait (vraiment) plus rire personne; Jean-Jacques Bourdin se fait houspiller par ses auditeurs; Patrick Cohen est devenu une blague à lui tout seul; l'impunité d'Arno Klarsfeld commence à déranger; Meyer Habib et Frédéric Haziza se retrouvent désormais seuls dans leur lutte anti-quenelle; le quotidien Libération est en phase terminale; BFM censure les sondages dont les résultats font tache, alors que les prochaines élections s'annoncent déjà comme la réplique cataclysmique de près de 70 ans de démocratie détournée.


Assis sur une butte, les fesses humides et le nez irrité par la grippe des marais, je contemple ce paysage dévasté avec une certaine satisfaction. Même si la racine du mal est loin d'être annihilée et que Dieudonné ne représente finalement pas grand-chose à l'échelle du monde ou de l'Histoire de l'Humanité, je suis heureux d'avoir pu assister, de mon vivant, à une telle déculottée des institutions qui s'emploient à encadrer mes paroles, mes actes et parfois même mes pensées, depuis que je foule la même terre que vous.

Et ça, ça n'a pas de prix...


Fyldar Jones
Sexssayiste chrysalidé

Photo : Montage de mon cru, intitulé "Dieudouragan".

Contexte : Les 5000 personnes venues assister au spectacle "Asu Zoa" le vendredi 21 février 2014 démontrent que l'humoriste Dieudonné fait toujours rire pas mal de monde, contrairement à ce que prétendent encore ses détracteurs les plus féroces.

Wednesday, January 22, 2014

LETTRE OUVERTE A MANUEL VALLS



Préambule : Juifs du monde et de bonne volonté, victimes effectives de la seconde guerre mondiale de toutes origines : ce message ne vous vise pas et j'ai autant de respect pour vos morts que j'en ai pour les miens. 


Monsieur Valls,

Lors de votre passage chez Jean-Jacques Bourdin, dont tout le monde aura apprécié la déférence évolutive mal masquée par sa parodie de journaliste engagé, vous avez tenu les propos suivants, au sujet de l'affaire Dieudonné :

"La Shoah est un sanctuaire. On ne peut pas le profaner tous les soirs dans un spectacle."


Permettez-moi donc de réagir à ces propos qui, je dois l'admettre, me scandalisent au plus haut point, surtout quand ils sortent de la bouche d'un ministre de l'intérieur d'une République prétendument laïque, mais qui ne se déchaîne que sur la Chrétienneté ou l'Islam.


Tout d'abord, se permettre de déclarer que la "Shoah est un sanctuaire", alors que cette appellation émane d'un film réalisé en 85, soit 40 ans après Nuremberg, prouve qu'en plus d'être un fieffé négationniste (comme Caroline Fourest, qui avait avancé que la France était un pays où on avait tué 6 millions de juifs - c'est dire à quel niveau je vous situe), vous êtes avant tout un inculte de premier choix.
Ce point commun supplémentaire que vous partagez avec le précédent Président de la République, qui avait notamment pris ses marques au poste que vous occupez aujourd'hui, me fait par ailleurs penser que la bassesse de plafond doit être une qualité indispensable pour tout ministre de l'intérieur adepte du discours, sinon des méthodes issus des heures les plus sombres de l'histoire de la famille de votre femme, à laquelle vous êtes donc éternellement attaché, contrairement à une écrasante majorité de français.

Dans un second temps, sachez que votre affirmation, loin d'être une vérité absolue, ne représente que votre opinion. Vous voulez sanctuariser la Shoah? Sanctuarisez-la en privé. Moi, de par mes origines arméniennes et ma vie passée à supporter, ces 32 dernières années, les retombées géostratégiques de la colonisation de la Palestine par les nombreux survivants de l'holocauste et leurs non moins nombreux descendants, je pense avoir tous les droits accordés par Dieu sous toutes ses formes théologiques pour considérer la Shoah comme un épisode parmi tant d'autres dans l'histoire de l'anthropophagie civilisationnelle. Je pense également que les descendants des victimes de ce drame peuvent s'estimer heureux de ne pas avoir été Africains pendant les 400 ans qui précédaient leur calvaire, Chrétiens au tout début du christianisme, Amérindiens pendant la conquête de l'Amérique, Arméniens sous les Ottomans, Musulmans pendant les croisades, Aborigènes pendant la colonisation de l'Australie ou encore, Sino-Coréens pendant les invasions japonaises, pour ne citer que ces exemples.

Vous voyez, Monsieur Valls, à force de faire des pieds et des mains pour atteindre un Graal qui est sans doute trop précieux pour un rustaud de votre acabit, vous finissez par passer à côté des évidences les plus élémentaires de l'humanité, comme sa multiplicité ou son droit à la subjectivité. Ainsi, comme sans doute beaucoup d'êtres humains vivants sur terre, parmi lesquels je compterai sans retenue un grande proportion de la population française, je vous le dis une fois pour toute :

Arrêtez de m'emmerder avec votre Shoah. Je ne compte ni la profaner, ni la commémorer et encore moins en tirer une quelconque culpabilité. Ca ne me regarde pas, ça ne m'intéresse plus et j'irais même jusqu'à dire qu'on en a fait le tour jusqu'à la l'écœurement. Et je reste poli…

Aussi, pensez à démissionner. Vous êtes aussi effroyable tribun que piètre stratège et votre perfusion se voit à des kilomètres. Faites-vous une raison : un humoriste breto-camrounais vous a mis dans sa poche avec une facilité déconcertante, tout ministre de l'intérieur que vous êtes. L'heure n'est donc plus au prêche pour le compte d'une religion qui n'est pas majoritaire dans le pays qui vous a mandaté, mais à l'introspection, voire à la pénitence.



Adieu, Monsieur.


Ps: Au fait, prenez Nadjet, Aurélie, Michel, François H., Laurent, Anne, Bertrand, Pierre, Bernard-Henri, Caroline, Inna, Nicolas, François C. Elisabeth, Alain F., Cyril, Patrick et les autres avec vous. Merci.



Fyldar Jones
Bientôt ex-sexssayiste pour cause de restructuration introspective.

Photo : Valls à l'assemblée, avec sa belle tête de vainqueur.

Contexte : L'affaire Dieudonné a finalement tourné à l'avantage de l'humoriste, qui a réussi à pousser le gouvernement dans ses derniers retranchements et à maintenir sa tournée bien gré mal gré. Les jeux ne sont toujours pas faits mais le ministre de l'intérieur se révèle être le grand perdant dans cette histoire. Sa dernière sortie sur RMC laisse une fois de plus songeur quant à la notion de laïcité chez certaines élites françaises. En bonus, je vous laisse également l'enregistrement le plus important pour comprendre qui est Manuel Valls, merde, quand même!

Saturday, January 11, 2014

DIEUDONNE CONTRE LE CONCERT D'ETAT




J'aimerais bien vous dire qu'il faudrait le voir pour le croire, comme ça, de but en blanc.

Mais ce serait criminel de ne pas vous prévenir : si vous avez eu la sagesse, jusqu'à présent, de ne pas prêter l'oreille, l'œil ou le nez à l'orgie scatophilique à laquelle se sont livrés presse, médias, classe politique et milieux associatifs au sujet de l'affaire Dieudonné et que vous êtes désormais désireux de rattraper votre retard sur la question, préparez-vous au pire. En même temps, je pense que ce qui s'est passé ces derniers jours pourra vous faire comprendre deux choses essentielles:

+ Les raisons pour lesquelles les livres d'Histoire imposés au commun des lycéens ne s'étalent pas plus que nécessaire sur le lien entre la classe politique au pouvoir dans les années 30, la défaite de 40 et ce qui est appelé avec beaucoup de complaisance, la "collaboration", phénomène qui répond en réalité à une problématique qui dépasse largement le cadre du simple partisanat en période d'occupation.

+ Le sens profond de cette citation d'Oswald Spengler, auteur de la République de Weimar, dont l'analyse relègue Orwell au rang de petit joueur et qui s'exprimait ainsi, dans son livre Le Déclin de l'Ocident : "Qu'est ce que la vérité? Pour la foule, c'est ce qu'elle lit et entend constamment. Si un pauvre diable s'assied quelque part et rassemble des raisons pour constater "la vérité", celle-ci restera sa vérité."

Aujourd'hui, le pauvre Diable s'est trouvé un nom : Dieudonné M'bala M'bala.
La vérité qu'il cherche à constater : l'existence d'une oligarchie, culturellement identifiable (du moins, en partie) et qui s'intercale en toute impunité entre la loi et le citoyen, sous prétexte que la deuxième guerre mondiale se serait déroulée au détriment de certaines victimes et avec le consentement des autres.
Le moyen que Dieudonné emploie pour ce faire est aussi inédit qu'efficace : l'humour, qu'il manie avec un certain talent.
Les moyens qu'emploient ses adversaires pour lui faire littéralement rendre gorge : tout ce que l'arsenal médiatique, financier, politique, administratif et judiciaire dont dispose un pays de plus de 60 millions d'habitants.

David M'bala M'bala contre Goliath le nanti. N'attendez plus : nous y sommes.

Un spectacle.
Un petit spectacle d'une heure et quelques minutes a poussé la République française à renier tout ce qui lui avait servi à emboîter le pas de l'impérialisme historique, justifié par les écarts-type au niveau civilisationnel, ou de donner des leçons en matière de libertés publiques à ses adversaires sur la scène internationale.
Un spectacle qui a, sciemment ou pas, poussé les guignols intellectuellement consanguins qui tiennent aussi bien les médias que les institutions de la République, à nous livrer le "show" le plus pathétique qu'il n'ait jamais été possible de donner au peuple de France, depuis les turpitudes de Marie-Antoinette.
Un spectacle annulé par la force administrative, dépêchée avec un sens de l'urgence encore jamais vu et qui propulse Dieudonné au rang de héros de la liberté d'expression, n'en déplaise aux sceptiques comme aux négrophobes.



Pour finir, ayant profité de l'impénétrabilité des voies du Seigneur pour écouter, pas plus tard que la nuit dernière, ce fameux spectacle désormais providentiel, intitulé "Le Mur", je peux vous assurer, la conscience tranquille que :

+ L'humour y est sauf.
+ Les égratinures sont proprotionnelles (avec quelques excès) aux attaques par contumace déjà subies par l'humoriste sur divers chaînes de télévision, radios ou tribunes politiques.
+ Ces égratinures ne composent qu'un tiers du spectacle environ, qui ratisse assez large.
+ Je n'ai à aucun moment eu envie de devenir antisémite en écoutant ce spectacle. J'ai dû par contre couper les informations et tirer un trait sur Canal + pour éviter de le devenir en une soirée.

A bon entendeur, salut (inversé)!

Fyldar Jones,
Sexssayiste


Photo : 1) Capture d'écran d'un sondage publié par BFMtv et RMC le 10 janvier 2014 et retiré en catimini au cours de la journée. Je vous laisse deviner le pourquoi du comment. 2) Photo de l'artiste publiée sur le site du quotidien Libération, qui porte désormais assez mal son nom.

Contexte : Dieudonné est un humoriste qui a eu le malheur de faire un jour un sketch dans lequel il incarnait un colon israélien et qui se finissait par un néologisme audacieux à connotation politique, transformé par ses adevrsaires en insulte raciste : "Israheil". Son deuxième coup d'éclat aura été de refuser de présenter la moindre excuse pour cette prise de position brillamment illustrée. Le reste de l'Histoire, je vous laisse faire l'effort de la découvrir.

PS : Parce qu'on en fera jamais assez pour dénoncer les impostures et que la mémoire collective est un gruyère géant, voici, un rappel utile.