Il faut se rendre à l'évidence : même sans battage médiatique pavlovien à charge qui fait passer la France pour l'Oceania de Georges Orwell, "l'humoriste franco-camerounais M'Bala M'Bala" fait toujours rire. Pis, les hordes de ses fans, irréductibles néosnazis inversés dégoulinants de haine visqueuse et gammée devant l'éternel, résistent encore et toujours au bon sens comme à la morale en se rendant aux "meetings politiques" nauséabonds de cette créature sortie tout droit de l'enfer.
Plus de 5000 personnes ont donc emmené la bête immonde faire ses besoins au Parc des Expositions d'Avignon, qui compte environ 6000 places. Pendant ce temps, Gad Elmaleh fait tapiner son humour dans une pub pour le Crédit Lyonnais; Jamel Debbouze enchaîne les matchs d'improvisation pour oublier l'échec retentissant son film "La Marche"; Élie Semoun annule ses spectacles faute de public; Michaël Youn fait du Borat bon marché pour essayer de retrouver la flamme d'antan; Patrick Timsit noie son spleen dans le caritatif "géronto-vinicole"; Nicolas Bedos n'assume ni sa grande gueule, ni ses procès; Myriam Leroy joue les gourdes effarouchées à défaut de pouvoir faire rire, alors que Didier Porte, lui, s'est reconverti en laquais de la politique... Une véritable hécatombe.
Bizarrement, les quelques survivants de ce désastre sont pour la plupart des humoristes qui ont soit excercé un certain devoir de réserve lors de la "Croisade Vallsificatrice" (dans la mesure du possible), soit ont plus ou moins ouvertement pris parti pour la cause Dieudonné : Jean-Marie Bigard, l'apprenti quenellier, rassemble encore (1200 spectateurs au Zénith de Rouen cette semaine); Gaspard Proust, le jeune premier, partage certaines cibles avec l'auteur d'Asu Zoa alors que Thomas N'Gijol et Fabrice Eboué préfèrent plagier le maître plutôt que le descendre, non sans un certain talent, il faut bien l'admettre. Mais il ne faut pas se leurrer : l'humour, le vrai, a depuis longtemps déserté le camp du mainstream.
Côté médiatico-politque (les torchons et les serviettes), la situation n'est guère plus brillante : Valls n'en finit pas de compter ses dents; Roger Cukierman s'est senti obligé de tempérer son interprétation de la quenelle; Alain Finkielkraut ne fait (vraiment) plus rire personne; Jean-Jacques Bourdin se fait houspiller par ses auditeurs; Patrick Cohen est devenu une blague à lui tout seul; l'impunité d'Arno Klarsfeld commence à déranger; Meyer Habib et Frédéric Haziza se retrouvent désormais seuls dans leur lutte anti-quenelle; le quotidien Libération est en phase terminale; BFM censure les sondages dont les résultats font tache, alors que les prochaines élections s'annoncent déjà comme la réplique cataclysmique de près de 70 ans de démocratie détournée.
Assis sur une butte, les fesses humides et le nez irrité par la grippe des marais, je contemple ce paysage dévasté avec une certaine satisfaction. Même si la racine du mal est loin d'être annihilée et que Dieudonné ne représente finalement pas grand-chose à l'échelle du monde ou de l'Histoire de l'Humanité, je suis heureux d'avoir pu assister, de mon vivant, à une telle déculottée des institutions qui s'emploient à encadrer mes paroles, mes actes et parfois même mes pensées, depuis que je foule la même terre que vous.
Et ça, ça n'a pas de prix...
Fyldar Jones
Sexssayiste chrysalidé
Photo : Montage de mon cru, intitulé "Dieudouragan".
Contexte : Les 5000 personnes venues assister au spectacle "Asu Zoa" le vendredi 21 février 2014 démontrent que l'humoriste Dieudonné fait toujours rire pas mal de monde, contrairement à ce que prétendent encore ses détracteurs les plus féroces.

