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Monday, March 10, 2014

LUNDI SUR TERRE (10 mars 2014)

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 Le 10 mars 2014,


Chaque lundi, la rédaction de Fyldar Jones (c'est-à-dire, moi-même), vous propose désormais un petit condensé d'une partie des informations diffusées au cours de la semaine précédente, histoire de vous aider à lutter contre l'amnésie sélective, un mal qui frappe fatalement tout esprit soumis à une surcharge d'information.

Je vous invite à consulter les précédents épisodes de Lundi sur terre pour compléter les informations contenues dans cet article.

Bonne lecture.



* * * 





Ukraine : La date d'un référendum pour décider du rattachement de la Crimée à la Russie a été fixée au 16 mars 2014. Washington, qui a qualifié cette consultation populaire de "déni de démocratie", a décidé d'adopter de nouvelles sanctions contre Moscou et de renforcer sa présence militaire en mer Noire comme en Pologne. L'Union européenne est plus partagée sur l'attitude à adopter, malgré sa décision de s'aligner sur la position américaine, l'économie du vieux continent étant encore très dépendante du gaz russe, entre autres raisons.

De son côté, la Russie maintient sa présence militaire en Crimée ainsi que dans l'est de l'Ukraine, alors que la Banque centrale de Russie a entrepris de retirer une grande partie de ses actifs placée dans les banques américaines, après avoir procédé a une vente record de réserves de dollars américains pour soutenir le rouble. Un mandat d'arrêt international a en outre été lancé par Moscou contre Dmitri Yaroch, le chef du groupe radical ukrainien Pravy Sektor.

En Ukraine, la légitimité du nouveau pouvoir soulève de plus en plus d'interrogations sur la scène internationale : la rumeur concernant de tireurs d'élite aux ordres des pro-européens qui auraient ouvert le feu sur leurs propres manifestants pour mettre le feu aux poudres commence à faire son chemin, alors que certaines mesures mises en œuvre par le gouvernement de transition, qualifiées d'antirusses par Moscou, semblent dissimuler une volonté des putschistes d'effectuer un virage libéral en passant par une batterie de coupures conséquentes dans les dépenses sociales. Des manifestations pro-russes ont eu lieu dans un calme relatif en Crimée ainsi que dans l'est du pays.




Golfe arabique : L'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et Bahrein ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en mission au Qatar. Les tensions entre les pays du golfe Arabique semblent se focaliser sur le soutien qatari aux Frères musulmans, désormais officiellement considérés comme une organisation terroriste par Riyad, qui rejoint donc la position égyptienne sur ce dossier. Mais cette rupture avec Doha pourrait tout aussi bien être une réponse au rapprochement furtif de la petite péninsule avec l'Iran sur le dossier syrien, mais qui contraste avec les déclarations récentes du Premier ministre irakien, Nouri al Maliki, qui a accusé, le samedi 8 mars 2014, l'Arabie Saoudite et le Qatar de soutenir le terrorisme dans son pays. De son côté, la Ligue arabe, qui rassemble tous les protagonistes de cet imbriglio diplomatique à l'exception de l'Iran a adopté dimanche une résolution qui rejette les demandes d’Israël réclamant que les Palestiniens reconnaissent l’existence d’un État juif.




Rwanda/Afrique du Sud : Trois diplomates rwandais accusés d'espionnage ont été expulsés par Pretoria dans le cadre d'une affaire concernant le récent cambriolage de la résidence du général Nyamwasa, un des fondateurs du Front patriotique rwandais en exil depuis 2010, ainsi que de l'assassinat, le 1er janvier 2014 à Johannesbourg. de Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements ougandais et rwandais. De son côté, Kibali a décidé d'expulser six diplomates sud-africains pour le même motif. À noter que l'opposition rwandaise, en exil, s'est réuni fin février à Bruxelles pour tenter de coordonner son action et semble aussi bénéficier du soutien de Washington. Vingt ans plus tard, les dessous du génocide des Tutsi continuent d'agiter la politique rwandaise, membre du Commonwealth depuis 2009. Connu pour sa forte dépendance agricole, le Rwanda est également concerné par la problématique minière de la région du lac Kivu.




Venezuela : Le gouvernement Maduro a rompu en milieu de semaine ses relations diplomatiques avec le Panama, suite à l'appel du ministère des affaires étrangères panaméen d'impliquer l'Organisation des États Américains (l'OEA) dans la résolution de la crise qui secoue le Venezuela depuis plusieurs mois. De son côté, l'ONU a manifesté sa volonté d'enquêter sur les violences commises en marge des manifestations qui ont lieu dans le pays et qui tournent à l'affrontement entre opposants et partisans au pouvoir, un an après le décès du Président Hugo Chávez. Un militaire et un civil ont par ailleurs trouvé la mort le 6 mars 2014 après avoir été pris pour cible par un tireur embusqué. Rappelons que le président Maduro a été élu président de la République bolivarienne du Venezuela le 14 avril 2013 à 50.62% des voix face à Henrique Capriles et que la thèse de la déstabilisation du pays par l'intermédiaire du secteur privée n'est pas dénuée de tout fondement.




Égypte/Palestine/Israël : La justice égyptienne a ordonné l'interdiction pour le Hamas d'exercer toute forme d'activité en Égypte, le mardi 4 mars 2014. Cette interdiction entraine de facto la fermeture des organes de représentation locale du mouvement. Moussa Abou Marzouk, numéro 2 de l'organisation palestinienne résidant au Caire pourrait même faire l’objet d’un mandat d’arrêt dans les prochaines semaines. L'homme avait été l'un des principaux artisans de la réorganisation du mouvement en 1989. Le Hamas est soupçonné par le gouvernement égyptien de comploter "en vue de mener des actions violentes sur le territoire égyptien." Des manifestations ont eu lieu à Gaza pour protester contre cette décision de justice. À noter que celle-ci intervient quelques jours après l'annonce de la démission du gouvernement intérimaire du Premier ministre Hazem El-Beblawi, qui ne concerne toutefois pas le maréchal Abdel Fattah Khalil al-Sissi, actuel vice-premier ministre, chef des forces armées égyptiennes et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle dont la loi électorale qui en règle les modalités a été approuvée en fin de semaine par le Président par intérim Adli Mansour.



* * *


Économie : Semaine indécise sur les marchés internationaux, les investisseurs étant tour à tour influencés par les conséquences de la crise ukrainienne et les chiffres encourageants de l'emploi aux États-Unis. Le manque à gagner astronomique provoqué par l'économie de l'ombre continue de son côté à laisser tout ce beau monde indifférent.


Banques : Les établissements grecs auraient besoin de 6.4 milliards d'euros pour procéder à leur recapitalisation. La santé des banques, ça n'a pas de prix! Pendant ce temps, la dégradation du système de santé du pays bat des records olympiques.


Cinéma : Toujours pas d'Oscar pour Leonardo Di Caprio, pourtant nominé pour la récompense du meilleur acteur pour son interprétation dans "The Wolf of Wall Street" de Martin Scorsese. En plus, il n'est même pas dans la selfie la plus twittée du monde. Décidément, ce type me plaît de plus en plus.


Sports : Les jeux paralympiques d'hiver, édition 2014, ont débuté le 7 mars à Sotchi. Avec un peu de retard, une horde de professeurs émérites ont sauté sur l'occasion pour gratifier les lecteurs du journal Le Monde d'un phamplet appelant au boycott de cette manifestation. On notera l'absence de BHL dans la liste des auteurs. Les handicapés compteraient-ils pour du beurre aux yeux du grand.. hum.. philosophe?


Sciences : Les Européens ne valent pas mieux que les Américains pour ce qui est de la maîtrise des connaissances scientifiques de base selon une enquête de l'eurobaromètre datant de 2005, déterrée par Slate. Faites le test!


Société : Le 8 mars était l'occasion de célébrer une fois encore la journée internationale de la femme, une invention que l'humanité doit à ce cher Lénine. Au nom de l'égalité des sexes et du principe de non-discrimination entre hommes et femme, j'ai donc allégrément boycotté cette manifestation aussi réactionnaire qu'anachronique. Mais non, je rigole... ou pas.


Fyldar Jones
Sexssayiste au cacao

Photos :
1) Levé de soleil à Brotherstone Hill, geograph.
2) Cité industrielle de Zaporizhzhva. Flickr.
3) Salle du conseil de la Ligue Arabe, Europe 1
4) Une rive du lac Kivu, Kivutravel.
5) Hugo Chávez, Hern.over-blog.
6) Le Maréchal El-Sissi, Le Monde.

Friday, March 7, 2014

LAST ACTION PRESIDENT



L'heure est grave!

La plus grande démocratie de la galaxie, les États-Unis d'Amérique, a été infiltrée par une horde de crocodiles cosmiques. Ces monstres venus de l'espace veulent éradiquer la race humaine en provoquant une Troisième guerre mondiale.

Ces immondes créatures, reconnaissables à leur cuir escamotable et à leurs larmes factices, œuvrent dans l'ombre pour mener leur terrible plan à exécution. Toute forme de contestation est considérée comme hérétique, lorsqu'elle n'est pas purement et simplement détournée au profit de ces infâmes reptiles.

Alors que l'Humanité semble perdue, un homme décide de se dresser contre l'envahisseur. 

Un homme, qui a jadis vécu au service de ces monstres mais qui a réussi à briser ses chaînes.
Un homme, qui a compris qu'on ne pouvait pas être libre sans défier ses maîtres.
Un homme, qui a décidé de s'offrir une paire de mocassins avec la peau de ses ennemis.

Cet homme, c'est Vladimir Poutine.
VLADIMIR POUTINE EST LE LAST ACTION PRESIDENT!

(Bientôt en hyper 3D dans un cinéma de votre quartier.)




J'imagine que vous vous posez la question suivante : l'auteur de cette parodie de bande-annonce est-il un admirateur hystérique de l'actuel président russe ou bien un féroce détracteur qui cherche à tourner ce dernier en ridicule? Je mets donc fin au suspense : la réponse se situe entre les deux.

Au-delà de la morale et du parti pris, il faut reconnaître une chose : Vladimir Poutine est à l'iconographie du cinéma américain ce que François Mitterrand était à la constitution française de 1958, c'est-à-dire, son meilleur disciple. Cela fait maintenant des années que l'homme fort du Kremlin travaille son image d'action man, tant sur le plan politique qu'au niveau de sa communication : Poutine le judoka, Poutine le chasseur, Poutine le cavalier, Poutine l'ami des bêtes, Poutine le roi de la gâchette, Poutine le skieur... À côté de lui, la bonhommie pataude du coureur de jupons François Hollande ou l'aura pâlichonne d'archevêque de l'antiracisme de gala Barack Obama, c'est de la roupie de sansonnet.

Il suffit de se promener cinq minutes sur la toile pour s'en rendre compte : chacune des précédentes crises qui ont opposé la Russie aux Occidentaux depuis les années 2000 n'ont fait que renforcer un sentiment d'admiration assez irrationnel envers Vladimir Poutine chez la plupart des opposants à la politique atlantiste de Washington et ses alliés, notamment en Europe et dans les pays arabes. Quand ses adversaires tentent désespérément de l'associer à Adolf Hitler, une tactique aussi éculée que puérile, ses fans en font un joueur d'échecs, un dresseur de grizzly ou un commandant en chef à mi-chemin entre Ed Harris et Daniel Craig. Staline doit être envieux : avec le culte de la personnalité façon Poutine, plus besoin de statues géantes et de goulags. Une partie de la population mondiale qui n'a aucun lien avec l'homme, son pays ou sa culture, se charge désormais de faire le boulot à sa place.




Le Président russe peut remercier ses ennemis pour ce franc succès. C'est en effet grâce à leur schizophrénie qui allie sans scrupules laïus humaniste et perfidie vénale, que l'homme qui voulait jadis traquer les terroristes tchétchènes "jusque dans les chiottes" a réussi à troquer l'image du sombre malfrat post-soviétique pour celle de l'homme fort du moment, candidat au prix Nobel de la paix pour la seconde fois consécutive.

Cela étant dit, il faut raison garder : Vladimir Poutine est avant tout un chef d'État qui a repris le contrôle d'un pays laissé en pâture aux charognards après la chute fracassante de l'URSS. Il serait dommage que les inconsistances de "l'axe du bien" nous fassent oublier que cet homme travaille d'abord pour les cercles du pouvoir russe. Il n'est d'ailleurs pas impossible, au cas où la crise ukrainienne lui permettrait de marquer des points décisifs contre son meilleur ennemi, que l'homme fasse déchanter ses supporters les plus acharnés en tuant son propre mythe de rempart au déclin de l'Occident. N'oublions pas que les nouveaux nerfs de la guerre sont désormais les énergies fossiles et l'eau potable et qu'aucun d'entre nous ne dispose d'informations précises sur l'état actuel des stocks mondiaux.

Bref, comme l'a dit un jour un anonyme éclairé : "Méfiez-vous d'une personne trop compétente, elle risque de manquer d'humanité."

En attendant, rien ne nous empêche de rigoler un bon coup





Fyldar Jones
Sexssayiste mammaire

PS : Je ne crois pas aux reptiliens. Pour moi, ce sont les chats qui gouvernent la terre et les cafards qui cherchent à l'envahir.


Photos
1) Montage de mon cru 
2) Poutine prends le maquis, alert2neg
2) Poutine "chessmaster" Agence Info Libre
4) Caricature, Patriot Post

Contexte : Le bras de fer russo-américain continue en Ukraine. Les deux pays s'échangent des critiques acerbes, alors que l'armée russe a considérablement renforcé sa présence militaire en Crimée. La présence de mouvements d'extrême droite au sein de la coalition putschiste de Kiev n'est plus contestée par les Occidentaux, alors que la Russie a émis un mandat d'arrêt contre l'un de ses hommes forts, pour terrorisme. Sur le net, Vladimir Poutine gagne la bataille des photomontages et autres parodies, alors que la récente intervention d'Hillary Clinton confirme que l'occident est à court d'idées pour justifier le bien-fondé de sa position sur ce dossier.


Monday, March 3, 2014

LUNDI SUR TERRE (3 mars 2014)



Le 3 mars 2014,


Chaque lundi, la rédaction de Fyldar Jones (c'est-à-dire, moi-même), vous propose désormais un petit condensé d'une partie des informations diffusées au cours de la semaine précédente, histoire de vous aider à lutter contre l'amnésie sélective, un mal qui frappe fatalement tout esprit soumis à une surcharge d'information.

Je vous invite à consulter le précédent épisode de Lundi sur terre (24 février) pour compléter les informations contenues dans cet article.

Bonne lecture.

* * *



 

Ukraine : La réaction russe, pour qui la clôture des J.O. De Sotchi marquait la fin d'une période de réserve sur la scène internationale, ne s'est pas fait attendre. Suite au coup d'État des pro-européens en Ukraine des 22 et 23 février 2014, les mouvements de rejet du nouveau gouvernement d'Union Nationale de Kiev se sont multipliés dans les régions russophones du pays. La décision de l'amiral Denis Berezovski, commandant en chef de la marine ukrainienne nommé le vendredi 28 février 2014 par le gouvernement intérimaire, de se mettre à la disposition du gouvernement de Crimée, en est le symbole le plus fort. De même, la situation à Kharkov, la deuxième ville du pays, ou la défiance de la République Autonome de Crimée, à l'encontre de Kiev, sont symptomatiques de la contre-attaque de Vladimir Poutine au jeu dangereux joué par les Européen et les Américains.


La "passion rouge-brune" de ces derniers, pour reprendre les termes de Bruno Bréville dans les pages du Monde Diplomatique du mois de mars, soulève en effet d'embarrassantes questions sur les méthodes diplomatiques de l'alliance occidentale. En attendant, les contacts entre les administrations Obama et Poutine se multiplient depuis ce week-end, alors que l'OTAN s'est réuni en urgence et que le président russe a obtenu de la douma d'avaliser le recours à la force pour la protection des intérêts de la fédération en Ukraine. L'élection présidentielle en Ukraine a été, quant à elle, avancée au 25 mai par le gouvernement intérimaire de Kiev, qui n'est reconnu ni par le gouvernement russe, ni par l'ancien président Ianoukovitch, actuellement réfugié chez son voisin oriental.




Venezuela : Nouvelle semaine de mobilisation bicéphale dans les rues du Venezuela, entre opposants et partisans du gouvernement, dans un calme relatif, malgré quelques débordements et arrestations. Certaines voix au sein de l'opposition commencent même à se désolidariser des mouvements étudiants qui appellent encore à la mobilisation, alors que l'opinion publique vénézuélienne semble devenue majoritairement hostile à cette initiative. La menace formulée par les États-Unis d'imposer de nouvelles sanctions alors que la situation est en voie d'apaisement et que le président Maduro tente d'organiser un dialogue national, est en totale contradiction avec la volonté affichée de Washington de jouer les juges de paix. Pour approfondir sur les raisons de la crise quis secoue le Venezuela, je vous recommande cette étude de Jacques Sapir, ainsi qu'une fiche technique détaillée des spécificités économiques de ce pays.





Liban/Syrie/Israël : Le ton monte entre Israël, certaines personnalités du gouvernement libanais proches de la mouvance du 14 mars de Saad Hariri et le Hezbollah, alors que le Liban a pu passer la semaine sans subir de nouveaux attentats. Les causes de cette agitation trouvent leurs sources en Syrie : l'armée syrienne a en effet remporté une nouvelle bataille importante en tendant un guet-appens à 170 miliciens insurgés dans la ghouta orientale, poursuivant ainsi sa série de victoires sur le terrain. De son côté, Israël a bombardé une position du Hezbollah dans une zone frontalière entre la Syrie et le Liban et a appelé le gouvernement libanais à empêcher les troupes de Hassan Nasrallah, toujours actif en Syrie, d'organiser une riposte. Le Président de la République libanaise Michel Sleiman est par la suite monté au créneau contre le parti de Dieu, lequel lui a adressé une fin de non-recevoir. Le nord d'Israël a été placé en état d'alerte. Rappelons que depuis l'assassinat de Hassan Al-Lakkis, "cerveau électronique" du Hezbollah en décembre 2013, la milice chiite a redoublé de prudence et limité ses interventions en public au strict minimum.




Algérie : L'annonce du Président Abdelaziz Boutefika de se présenter aux élections présidentielles prévues le 17 avril 2014 a provoqué de vives réactions au sein de la population algérienne. Des manifestations ont en effet eu lieu en Algérie, où la police est accusée d'avoir abusé de la force pour disperser les manifestants, mais aussi à Paris, en fin de semaine.

Il faut rappeler d'une part que l'état de santé de l'intéressé, très affaibli depuis de longs mois, pose effectivement la question du bien-fondé de sa candidature à un quatrième mandat consécutif. Il faut aussi noter, d'autre part, que le pays, qui n'a pas été emporté par la vague des "printemps arabes", doit aussi gérer les retombées de la crise malienne, sur la sécurité de son territoire, ce qui a, entre autres, amené le gouvernement algérien à fermer les frontières avec son voisin. Sur cette question, consulter l'article de Vish Sakhtivel pour mieux comprendre la décision du Président Boutefika d'accueillir au mois de mars une rencontre de paix entre les différents belligérants maliens. Rappelons enfin que la situation reste explosive en Libye, ainsi que dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, comme en témoigne la prolongation de l'intervention française en Centre-Afrique (opération Sangaris) et les attentats meurtriers qui ensanglantent le Nigeria voisin, alors que le roi du Maroc Mohammed VI continue sa tournée africaine pour y renforcer la présence de son pays en matière de coopération économique.




Thaïlande : La tension est redescendue avec la levée du "blocage de Bangkok" décidée vendredi dernier par les manifestants. Cette opération lancée depuis la semaine du 13 janvier 2014 par les opposants au Premier ministre Yingluck Sinawatra, élue au cours des élections législatives de 2011, qui n'a pas cédé à la pression de la rue, alors que la Commission anticorruption a décidé de l'inculper pour négligence dans le cadre d’un programme de subventions à la riziculture, le 18 février 2014. Les acteurs de ce blocus reprochent notamment à la sœur de l'ancien Premier ministre Takshin Shinawatra, renversé en 2006, de gouverner en suivant les directives de son frère. À noter que malgré son unité affichée, l'opposition thailandaise est hétéroclite et que les élections anticipées tenues le 2 février ont été reportées au 20 avril, suite aux perturbations provoquées par les tensions dans le pays sur le bon déroulement du scrutin.



* * *



Economie :  L'économie canadienne a affiché une croissance de 2.9% pour l'ensemble de l'année 2013, malgré un recul de la production de 0.5% au mois de décembre.  L'Europe, quant à elle, affiche une contraction de 0.4% sur son PIB, malgré un rebond en fin d'année. La Commission européenne n'exclue pas la thèse de l'accident.



Banques : Enrico Macias doit rembourser 30 millions d'euros à une filiale Luxembourgeoise de la banque islandaise Landsbanki, aujourd'hui en liquidation. Rappelons que l'Islande a subi de plein fouet la crise financière de 2008 et que le prêt accordé au chanteur qui sert de base à la procédure a été contracté en 2007. Mauvais timing, Enrico!



Jeux Vidéo : La Playstation 4 de Sony est déjà en rupture de stock au Japon. Commercialisée le 22 février 2014 au pays du soleil levant, la nouvelle console de salon de Sony a fait mieux que la Playstation 3, mais moins bien que la Playstation 2 pour son premier week-end. Les neurones nippons ont du souci à se faire.



Cinéma : La 39ème cérémonie des Césars encense Guillaume Gallienne et son film "Les Garçons et Guillaume, à table". Le réalisateur, qui tient le premier rôle dans son propre film à caractère autobiographique notamment reçu le César du meilleur film ainsi que le César du meilleur PREMIER film. J'avoue que ça me laisse perplexe.



Science : Le télescope spatial Kepler, lancé par la Nasa en 2009 à découvert 715 nouvelles exoplanètes (planètes situées en dehors du système solaire). Quelques jours plus tôt, le quotidien britannique The Guardian avait découvert qu'il y avait 11 million de logements vides en Europe pour 4.1 millions de sans-abris.



Communications : La République démocratique du Congo risque d'être privée de 3G. C'est la conséquence d'un litige qui oppose la Netherland British Company (NBC) contre les quatre grands opérateurs du pays. La RDC ayant été classée bonne dernière au niveau de son indice de développement humain en 2013, il y a fort à parier que cette éventuelle privation sera indolore pour de nombreux congolais.



Bonne semaine à tous et désolé pour le retard!


Fyldar Jones
Sexssayiste

Photos
1) Levé de soleil sur la banquise, Guillaume Payen.
2) Manifestations pro-russe en Crimée, La Croix.
3) Un manifestant venezuelien, Yahoo News.
4) Le Président Libanais Michel Sleiman, Alalam.
5) Le président algérien Abdelaziz Boutefika, africaguinee.
6) Manifestation en Thaïlande, Franceinfo.

Friday, February 28, 2014

CHÈRE UKRAINE...



Chère Ukraine,

Permets-moi tout d'abord de te tutoyer. Tu ne me connais sans doute pas, mais moi, je te connais un petit peu, au-delà du registre strictement géographique. Je ne suis pas sûr que les raisons pour lesquelles j'ai conscience de ton existence te plaisent toutes. Cela étant dit,  je suis là pour te parler franchement, sans rien te cacher.

J'ai d'abord fait ta connaissance à travers la réputation des filles de ton pays, qui ont été, pendant longtemps, les danseuses de cabaret les plus prisées dans le mien. La proportion de tes ressortissants de sexe féminin dans ce secteur d'activité a en effet atteint des sommets tels après la chute du mur de Berlin, que les blagues de mauvais goût et autres associations d'idées malsaines les concernant faisaient partie du folklore grivois de nos rue, dans les années 90. Il faut dire, d'une part, que l'argent a toujours bien circulé chez nous, et que nombre de mes compatriotes ne débordent pas d'imagination pour le dépenser. Il faut aussi admettre, d'autre part, que les créatures ukrainiennes qui s'exportaient dans nos cloaques possédaient, pour l'immense majorité d'entre elles, une beauté aussi rare qu'exotique, par rapport aux standards locaux. Je te précise tout de même que je n'en ai personnellement jamais profité, à part pour me rincer mon œil d'adolescent pubère en épiant l'arrivée des autocars qui déposaient les artistes sur leur lieu de travail, à la tombée de la nuit.

Je t'ai connu ensuite sous un autre angle, à travers les traits d'Andreï Chevtchenko, ta star du football à toi, dont j'admire jusqu'à aujourd'hui encore les faits d'armes comme les distinctions sur le plan sportif. Sa Vista devant le but adverse, la puissance de ses frappes ou encore son physique de beau gosse, étaient autant de qualités que j'associais inconsciemment à ton peuple et ton histoire, dont je ne connaissais encore pratiquement rien à l'époque où le monde du football gratifia ton champion d'un ballon d'or. C'était l'année qui marquait également le début de ta fameuse "révolution orange".

C'est d'ailleurs à l'occasion de cet évènement crucial que j'ai eu l'occasion de faire plus ample connaissance avec tes figures politiques et la problématique stratégique inhérente à ton territoire, pris en étau entre les grands acteurs des guerres mondiales, puis de la guerre froide, dont mon propre pays d'origine a été une victime collatérale. C'est à la même époque où j'ai fini par mémoriser que Sergueï Prokofiev ou Nikola Gogol faisaient partie de ton patrimoine culturel. Avant cette date, je considérais en effet les Slaves comme certains considèrent les Arabes, les Juifs, les Asiatiques ou les Africains : un grand ensemble homogène de gens qui se ressemblent et qui partagent une culture vaguement commune. Je te présente d'ailleurs mes excuses pour avoir vécu aussi longtemps dans le vide de mon ignorance à ton sujet, un vide que je suis encore loin d'avoir totalement comblé.

Si je décide de t'écrire aujourd'hui malgré ces lacunes, c'est pour te donner un conseil que je me sens obligé de te donner, vu les ressemblances qui existent entre le destin de mon pays et le tien. Ce conseil a été préalablement formulé par un ami et compatriote à moi dont je me permets de te retranscrire les paroles, en te laissant juge de leur degré de sagesse et de pertinence au regard de la situation critique dans laquelle tu te trouves aujourd'hui :


Chère Ukraine,

La guerre civile, ça ne marche pas. 
Ne t'embarque pas là-dedans, c'est stupide.

Sincèrement,

Le Liban, avec ses quinze ans de guerre civile, ses 24 ans de reconstruction foireuse, ses 250,000 morts, ses 60 milliards de dettes et son armée d'accros aux antidépresseurs.

PS : La Syrie te passe le bonjour. 


Voilà, en espérant que quelqu'un qui parle aussi bien le français que l'ukrainien te fasse passer le message et que tu gardes en tête que le procédé de déstabilisation qui t'a fait basculer dans le chaos a déjà été testé sur nous il y a près de 40 ans.

Puisse ta jeunesse être épargnée par les turpitudes de ses aînés.


Il ya des terreaux plus fertiles que d'autres.



Fyldar Jones,
Sexssayiste

Photos : 1) Danseurs ukrainiens au Billingham International Folklore festival de 2013. Source : Hartlepool Mail  2) Nayla DE FREIGE, Maria SAAD, Fadlallah DAGHER, L'Histoire illustrée du Liban, Larousse, 1987. Annotation illustrée en marge de la page 54. Notez que les éditions suivantes ont été modifiées, mais j'ignore si ce détail en particulier en a fait les frais.

Contexte : Pour un condensé du contexte global en Ukraine, voir la rubrique Lundi sur terre sur ce blog. Aux dernières nouvelles, le président déchu s'est réfugié en Russie, la partie est du pays, fortement russophile, semble se désolidariser de la prise de pouvoir de Kiev avec l'appui de Moscou, qui ne reconnaît pas le nouveau pouvoir et ne semble pas prêt de lâcher la Crimée. Ci-joint, un dossier complémentaire sur les appuis occidentaux des putschistes ukrainiens.



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RAPPEL

Lundi : Lundi sur terre
Rétrospective condensée de l'actualité de la semaine précédente.
Mercredi : Un Dessin par semaine
Caricature ou illustration.
Vendredi : Billet d'humeur
Certains billets seront peut-être un peu épicés.
Dimanche : Analyse sur actualité choisie ou relais vidéo de la semaine
Certaines analyses seront peut-être un peu austères.

Les différentes rubriques seront publiées aux jours indiqués entre midi et 14: 00 heures (GMT+1). Vous serez informés en amont de toute modification occasionnelle ou définitive.

* * *

Wednesday, February 26, 2014

UN DESSIN PAR SEMAINE (+ ANNONCE)


Contexte : Après avoir profité de la crise ukrainienne pour éviter de tomber dans l'oubli, Bernard-Henri Lévy s'est donné en spectacle lundi soir sur le plateau du grand journal de Canal + dans son registre habituel. Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, je vous laisse faire vos recherches et vous forger une opinion au sujet de ce monsieur. Si la mienne vous intéresse, ce petit dessin de mon cru, publié plus haut, complètera à merveille le récent billet qui je lui ai dédié sur ce blog.





ANNONCE GLOBALE :

Le Monde de Fyldar Jones se dote enfin d'un agenda, qu'il s'efforcera de respecter dans la mesure du possible. Les futures publications se répartiront donc ainsi :

Lundi : Lundi sur terre
Rétrospective condensée de l'actualité de la semaine précédente.

Mercredi : Un Dessin par semaine
Caricature ou illustration.

Vendredi : Billet d'humeur
Certains billets seront peut-être un peu épicés.

Dimanche : Analyse sur actualité choisie ou relais vidéo de la semaine
Certaines analyses seront peut-être un peu austères.


Les différentes rubriques seront publiées aux jours indiqués entre midi et 14: 00 heures (GMT+1). Vous serez informés en amont de toute modification occasionnelle ou définitive.


À Vendredi, donc et excellente journée/soirée à tous!

* * *

La rédaction de Fyldar Jones
(C'est-à-dire, moi-même, jusqu'à nouvel ordre)

Monday, February 24, 2014

LUNDI SUR TERRE (24 février 2014)



Le 24 février 2014,

 
Chaque lundi, la rédaction de Fyldar Jones (c'est-à dire, moi-même), vous propose désormais un petit condensé des informations diffusées au cours de la semaine précédente, histoire de vous aider à lutter contre l'amnésie sélective, un mal qui frappe fatalement tout esprit soumis à une surcharge d'information.

Ne parlant pas toutes les langues et pouvant difficilement investir plus de temps dans cet exercice, je vous invite également à compléter cette liste par le biais de l'espace des commentaires, dans lequel vous pouvez bien entendu vous limiter à plébisciter (ou pas) la démarche de votre serviteur, voire à me corriger si nécessaire. Gardez en tête que je modère à la cool, du moment que la courtoisie est au rendez-vous.

Cette rubrique sera divisée en deux sections : la première, sérieuse, sera dédiée à l'actualité géopolitique et sera intitulée "En long, en large et en travers". La deuxième, plus légère, abordera l'ensemble des autres domaines d'information et sera baptisée "En Vrac". Cette classification sera peut-être amenée à évoluer avec le temps. Dans cette optique, vos suggestions sont également les bienvenues.

Bonne lecture.

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Coup d'État en Ukraine : La partition du pays devient une perspective crédible, l'est du pays étant déjà en train de prendre ses distances avec la coalition putschiste de Kiev. Un scénario qui ressemble étrangement à celui de la Géorgie en 2008. On remarquera que l'Europe et les États-Unis ont soutenu des ultra-nationalistes ukrainiens de Svoboda dans cette crise, entre autres opposants au régime, après avoir financé les djihadistes en Syrie. La Russie a par ailleurs plusieurs fois fustigé l'attitude de ses homologues occidentaux au cours de cette période trouble, dans un contexte qui rappelle furieusement la guerre froide. Rappelons que les affrontements entre les opposants et les forces de l'ordre, qui ont précédé le renversement du président Ianoukovitch, élu jusqu'en 2015, ont fait plusieurs victimes des deux côtés. 




Liban : Deux attentats-suicides en une semaine. Le premier a eu lieu mercredi 19 février et a visé le centre culturel iranien, situé non loin de l'ambassade du Koweït et d'un orphelinat. Onze morts et plus d'une centaine de blessés. Le second a eu lieu samedi à Hermel, dans l'est du pays, et visait un barrage de l'armée, faisant trois victimes (deux militaires et un civil). À noter que le Hezbollah est toujours investi en Syrie et que ces attentats ne sont que les derniers d'une longue liste, alors que les forces politiques du pays du cèdre se sont entendues, samedi 15 février, sur la composition d'un nouveau gouvernement, après 10 mois de blocage.




Iran : Les tractations autour du nucléaire iranien se poursuivent. Wendy Sherman, la sous-secrétaire d'État américaine, devait se rendre la semaine passée en Israël, en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis pour évoquer la question du nucléaire iranien. En début de semaine, l'existence de négociations entre l'Iran et la Russie concernant la construction d'un réacteur nucléaire avait filtré à la veille de la conférence prévue à Vienne sur cette question, réunissant la République islamique, la Chine, le Royaume-Uni, la France, la Russie, les États-Unis et l'Allemagne.




Nigeria : Le groupe armé Boko-Haram menace de s'attaquer aux régions pétrolières du sud du pays, premier producteur de pétrole en Afrique. Rappelons qu'un nouveau massacre avait eu lieu le 15 février 2014 à Izgue, un village du Nord-Est, faisant plus d'une centaine de victimes, après celui de Konduga qui, trois jours plus tôt, avait provoqué la mort de 29 autres personnes. À noter que la situation dans la région n'a cessé d'empirer depuis la chute du régime lybien en 2011, notamment au Mali, en République Centre-Africaine ainsi qu'au Nigeria. La Libye est, quant à elle, dans une situation délétère.


 

Chine : Visite du secrétaire d'État aux affaires étrangères John Kerry à Pékin. Plusieurs sujets sensibles ont été mis sur le tapis (Syrie, Corée, Iran, Tibet...) mais certains observateurs s'accordent à dire que cette visite apparemment courtoise est révélatrice d'une tension croissante entre la première puissance économique mondiale en déclin et de son principal acheteur de bons du trésor, dont l'hégémonie grandissante, la complicité avec la Russie sur plusieurs dossiers et l'appétit glouton pour les matières premières, précieuses et énergétiques deviennent problématiques pour l'avenir des États-Unis.







Venezuela : Les manifestations entre l'opposition et les partisans du gouvernement Maduro, se sont déroulées dans le calme samedi.  Ces manifestations avaient lieu à Caracas ainsi que dans plusieurs villes de province. Rappelons que les premiers sont soupçonnés par leurs adversaires d'être manipulés par l'étranger à travers sa classe bourgeoise alors que les seconds, essentiellement issus de la classe populaire, sont accusés de soutenir une dictature. Rappelons enfin que l'ancien président et artisan de la Révolution bolivarienne, Hugo Chávez, est décédé en 2012 des suites d'un cancer aussi fulgurant qu'opportun pour ses adversaires à l'international, qui lorgnent notamment sur les importantes réserves de pétrole du pays


 
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Économie : Facebook rachète Whatsapp pour 19 milliards de dollars. Le service de messagerie instantanée est par ailleurs tombé en panne dans plusieurs pays trois jours après la transaction. Rassurez-vous : tout remarche comme avant et les utilisateurs des deux plateformes seront sans doute rassurés de savoir qu'ils sont désormais surveillés par les mêmes personnes.


Environnement : La sécheresse qui frappe en ce moment les côtes du Moyen-Orient et d'Asie Mineure laisse augurer le pire sur le plan économique en Turquie. Au Liban, la saison de ski a été catastrophique et les agriculteurs craignent le pire. Le seul point positif, sans ironie aucune, c'est que les réfugiés syriens n'ont pas à subir un hiver rigoureux.



Banques : Les dépôts en provenance de l'étranger sur les comptes italiens vont être taxés à 20% jusqu'à que soit apporté la preuve de leur légalité par leurs bénéficiaires. Une nouvelle qui tombe quelques semaines après la mise en place du SEPA, (Single european payement area) pour lequel le délai de transition a été prolongé. La taxation des comptes chypriotes n'aura pas tardé à faire des émules.


Finance mondiale: Les agences de notations Moody's et Fitch Ratings affirment que le récent vote des Suisses sur l'immigration menace le triple A du pays. À noter également que suite au vote du 9 février, Bruxelles a décidé d'exclure la Suisse des prochains programmes d'échange étudiants Erasmus. À quand l'intervention de l'Otan?


Jeux Olympiques de Sotchi : Triplé français en Ski-Cross de Arnaud Boloventa, Jean-Fréderic Chapuis et Jonathan Midol, le 20 février 2014. Une victoire confirmée ce week-end par le Tribunal Arbitral du Sport à la suite d'une plainte des Canadiens concernant les tenues des skieurs français. Le dernier triplé olympique tricolore aux JO, hiver et été confondus, remonte à 1924... années des premiers JO d'hiver, à Chamonix! Respect, les gars.



Musique : La Manécanterie des Petits chanteurs à la Croix de bois, choeur de garçons créé en 1907, a été placée en redressement judiciaire. Drôle de monde où les vrais chanteurs font faillite alors que l'écrasante majorité des chanteurs pop sont doublés par un logiciel correcteur de tonalité. Luis Mariano et les autres doivent se retourner dans leurs tombes respectives.


Science : Le cerveau disposerait d'une aire chargée de corriger les gestes en cours de mouvement et même évaluer la pertinence des actions entreprises par le corps. Cette surface a été baptisée "aire motrice supplémentaire" et aurait été indentifiée en plantant notamment des électrodes dans les cerveaux de patients épileptiques. C'est dire si on sous-estime les bienfaits de l'excès de jeux vidéo.




Bonne semaine à tous.


Fyldar Jones
Sexssayiste arboricole

Photos :
1) Levé de soleil en montagne trouvé sur ce forum et retouchée par mes soins.
2) Carte des deux Ukraine en 1918, Cybergeo.
3) Le Barrage attaqué à Hermel, Liban, AFP.
4) Wendy Sherman, Reuters
5) Photos représentant des miliciens de Boko Haram, Dakaractu.
6) John Kerry face à ses homologues chinois, Courrierstrategique.
7) Manifestation à Caracas, L'Express.

Sunday, February 23, 2014

SOTCHI A BON DOS



L'édition 2014 des Jeux Olympiques d'hiver, qui se déroulent depuis deux semaines à Sotchi, ville et station balnéaire du krai de Krasnodar (l'équivalent d'un département en France), se terminent dans quelques heures. La cérémonie de clôture aura lieu ce soir à 20 h, heure locale (UTC/GMT + 04:00) et tournera une nouvelle page de cette compétition d'inspiration nordique qui rend hommage aux sports d'hiver depuis 1924, soit pile 90 ans.

Au-delà de quelques embrouilles d'ordre folklorique, comme la polémique entourant la médaille d'or de la patineuse Adelina Sotnikova, le report de certaines épreuves pour cause de brouillard intempestif, ou encore le fouetté cosaque de Pussy Riot, la compétition se sera finalement déroulée dans une bonne ambiance et sans incident majeur. Pourtant, le pari était plus que risqué pour plusieurs raisons, soulevées avec plus ou moins de sincérité par une certaine presse, essentiellement occidentale. Les principaux griefs avancés par celle-ci s'articulaient sur trois axes majeurs, qu'il est possible de résumer ainsi :

1) Le caractère antidémocratique de la Russie.
2) L'incompatibilité de la région de Sotchi avec les sports d'hiver.
3) Ces jeux sont une vitrine géopolitique au service de Vladimir Poutine.

Si ces arguments vous semblent aussi fondés que légitimes, je vous prie tout d'abord de considérer la petite carte ci-dessous (Les cercles de couleur rouge représentent les zones de conflit, le cercle de couleur verte représente le site des Olympiades) :



 En bref et de façon non exhaustive :

+ La Syrie est en guerre contre l'Occident et les pétromonarchies arabes depuis 2011.
+ Le Liban est indirectement impliqué dans cette guerre et est victime d'attentats à une cadence soutenue depuis fin 2013.
+ La Turquie est directement impliquée dans cette guerre. Son gouvernement a dû faire face à de violentes manifestations de la société civile et doit désormais faire face aux retombées d'un scandale politico-financier de grande ampleur.
+ La Géorgie est dans une situation particulière depuis 2008, deux de ses provinces ayant été reconnues unilatéralement comme indépendantes par la Russie. Le conflit est en suspens.
+ L'Ukraine file tout droit vers une guerre civile suite au débarquement du président, hier, 22 février 2014 (on admirera le timing du pic de la crise avec les J.O.).
+ Les attentats de Volgograd, survenus quelques semaines avant le début des J.O. sont une conséquence directe de la guerre secrète que se sont déclaré Saoudiens et Russes en marge du conflit syrien.


Le point commun entre ces conflits : l'implication des Européens et des Etasuniens d'un côté, des Russes et de leurs alliés de l'autre. Les premiers utilisent des mouvements de contestations populaires pour les détourner à leur avantage, les seconds aident les dirigeants plus ou moins légitimes à se blinder. Vous remarquerez la position très centrale de Sotchi sur cette carte.

Pour parachever votre compréhension du problème, je vous prie de bien vouloir considérer également la carte suivante ainsi que le blog de son auteur.





En clair, il ne s'agit pas ici de chercher à savoir qui est dans son droit ou qui a tort, ni de développer la problématique de l'exploitation des ressources et leur acheminement, mais plutôt de se donner les moyens, sans sombrer dans la paranoïa compulsive, d'analyser calmement certaines données générales contenues dans le problème, afin de commencer à comprendre pourquoi telle ou telle presse ou pouvoir politique prendra telle ou telle position tranchée sur un dossier donné et de chercher à approfondir sur le sujet.


Pour en revenir aux arguments opposés par certains Occidentaux pour critiquer les Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi, voici ce que l'ont pourrait faire remarquer à leurs auteurs, toujours en bref :

1) Sur le caractère anti-démocratique de la Russie : Alors certes, la pirouette de Vladimir Poutine, ancien membre du KGB, pour réintégrer son costume de président sans abîmer la constitution russe est un modèle du genre. Ceci dit, l'Union Européenne, qui permet à des dirigeants très liés au monde de la finance, de déposséder en toute légalité des populations entières de leur souveraineté nationale même en l'absence de soutien populaire, n'est pas non plus ce que l'on pourrait appeler un exploit en matière de démocratie. La situation des États-Unis, pays dans lequel le président de la République est élu au suffrage universel indirect est aussi sujette à caution sur ce plan. Enfin, les amitiés entre ces deux puissances occidentales et certaines monarchies absolues (Arabie Saoudite) ou constitutionnelles (Angleterre, Jordanie, Maroc) devraient poser de sérieux problèmes de conscience aux esprits véritablement humanistes qui compteraient encore dans les rangs occidentaux.

2) Sur l'incompatibilité de la région de Sotchi avec les sports d'hiver : Cet argument est à double tranchant pour toute presse alignée qui s'en prévaudrait, dans la mesure où la décision de confier l'édition 2022 de la Coupe du Monde de Football au Qatar avait tout au plus donné lieu à un menuet de protestations mesurées. Or, si Sotchi a effectivement dû abuser du canon à neige pour tapisser ses pistes, la faute à la douceur naturelle de son climat, il est question, pour le Qatar de construire de stades climatisés (!) voire même de décaler toutes les compétitions annuelles de football à travers le monde pour permettre à cet évènement de se dérouler en hiver (!!). Dénoncer l'un en oubliant l'autre pose donc un sérieux problème de cohérence.

3) Ces jeux sont une vitrine géopolitique au service de Vladimir Poutine : Les deux cartes présentées plus haut démontrent bien que les enjeux politiques de la région dépassent largement le cadre d'une simple manifestation sportive, fut-elle olympique. Le choix de Sotchi corrobore en effet la volonté du gouvernement russe de créer un nouveau pôle dans le Caucase en profitant de la manne faramineuse qui se cache derrière le contrôle des flux d'énergies fossiles dans la région. Cet argument nie aussi la dimension éminemment géopolitique des Jeux Olympiques depuis leur création pendant l'Antiquité, en plus d'oublier que ce sont ces mêmes motifs géopolitiques qui ont poussé la presse et la classe politique occidentale à rivaliser de discrétion lors de l'épisode du Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn, en 2010. La logique suit donc la conscience et la cohérence dans la fosse commune de la sincérité intellectuelle.


Je terminerai en alertant le lecteur sur cet article du Nouvel Obs, rédigé au lendemain des festivités d'ouverture des Jeux, avec un ordre à peine camouflé faisant office de titre "SOTCHI 2014. Pollution, corruption, expropriations : ces JO sont une farce, ignorons-les." et une menace en conclusion, que je me permets de bien isoler du reste du paragraphe pour souligner l'incroyable dérapage qu'il cristallise :

"A vous de choisir votre camp."

Pour ma part, je m'autorise simplement à rappeler que ce n'est pas avec les tripes qu'on a inventé le schmilblick et invite tout un chacun à prendre du recul avant de sauter sur une quelconque conclusion, surtout quand votre interlocuteur, fut-il un organisme de presse, mélange allègrement Logos et Pathos.


Fyldar Jones
Sexssayiste formalisé

Photo : Extrait de la cérémonie d'ouverture des jeux.

Contexte : Les Jeux Olympiques de Sotchi arrivent à leur terme, libérant ainsi les mains du gouvernement russe dont les observateurs attendent désormais la réponse sur le terrain sur les dossiers syrien et ukrainien. Rappelons que la plupart des dirigeants occidentaux impliqués dans ces deux conflits ont boycotté la manifestation, ce qui n'a pas empêché leurs athlètes de briller sur le plan sportif.